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Daft Punk, Random Access Memories : beaucoup de bruit pour rien ?

Certains l’attendent depuis des mois, d’autres uniquement depuis quelques jours, mais tout le monde en parle. Random Access Memories, le 4è album de Daft Punk a enfin vu le jour.

Le terme « incontournable » n’aura jamais mieux convenu à un groupe, ni à un album. Attendus depuis trois ans, Daft Punk et leur 4 è album Random Acess Memories faisait déjà rêver les critiques et les fans du duo electro. Pendant plusieurs mois, rumeurs et faux extraits surgissent et circulent sur le net provoquant la frustration et parfois l’ire de ceux qui n’ont pas été séduits par la bande originale de Tron Legacy (2010) et de ceux qui attendent le retour des robots depuis 8 ans. (Leur troisième album Human After All était sorti en 2005).
Le 18 avril, quelques fausses alertes et un teaser dévoilé au festival américain Coachella plus tard, Daft Punk révèle enfin un extrait de Get Lucky. Le titre – soupçonné d’être un fake – se diffuse de manière virale. Impossible d’échapper à cet hymne funk porté par la voix de Pharrell Williams et la guitare de Nile Rodgers, connu pour son succès au sein du groupe de disco-funk Chic dans les années 60. Get Lucky fait vibrer toutes les sonos avec la constance d’un tube de l’été : impossible d’y échapper.

A un mois de sa sortie, Random Access Memories semble déjà promis au succès. Get Lucky a beau groover comme jamais, il s’apparente bien plus à une réalisation des NERD, le groupe de Pharrell Williams qu’à un pur produit des Daft Punk.

La tentation pop

Mais où est passé l’energie des machines ? La puissance du titre Robot Rock, l’ingéniosité des morceaux de l’album Discovery ? En 8 ans, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Cristo ont pu changer, avoir envie de céder à l’attraction d’une musique pop plus facile et accessible.  Qu’en sera t-il de RAM ?
Généreux les Daft Punk sortent l’intégralité de l’album en streaming sur iTunes 5 jours avant sa sortie. Un 13 titres où figurent trois participations de Pharrell Wiliams, une de Julian Casablanca des Strokes, une de Todd Edwards qui participait également à l’album Discovery en 2001 ainsi que la participation de Panda Bear (Animal Collective). Sur le papier, seule la présence de Todd Edwards-issu de la house music et présent sur le morceau Face to Face de Discovery rassure.

Après Get Lucky, on pourrait croire que Daft Punk a choisi de vouer son 4 è opus à une odyssée pop et légère, de la musique à fredonner comme le producteur Pharrell Williams sait si bien en faire. Mais Random Access Memories est bien plus complexe. Bangalter et Homem-Cristo ont su rester fidèles à leur musique tout en étant surprenants.

Mélancolique disco-funk

Il faut du temps pour entrer dans cet album qui démarre lentement et monte en puissance comme une playlist bien ficelée. Les 4 premiers morceaux et leur electro mélancolique nous transporte dans l’univers nostalgique de Daft Punk, là où tous les sons gimmick, boucles de basses et rythmiques qui ont marqués les esprits et l’histoire de la musique moderne se retrouvent complètement réappropriés par les Robots, devenus inidentifiable.

Les titres Giorgio by Moroder et Within marquent par leur sonorité mélancolique. Ensuite Julian Casablanca puis Pharrell Williams font leur entrée et les titres se dynamisent deviennent plus dansants sans jamais vraiment décoller. Le fameux Get Lucky passé, les sonorités mélancoliques disparaissent et une disco-funk à la manière de Daft Punk prend le contrôle. Et si tout l’album est traversé de gimmick de guitares funk, les 5 derniers morceaux de RAM se démarquent d’un début d’album lent et un peu triste. Réussi Random Access Memories, plaira même à ceux qui n’aiment pas le funk mais aura peut-être du mal à séduire les inconditionnels de Get Lucky. Ce dernier Daft Punk s’écoute plus qu’il ne se danse.

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