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Cheveu se redéfinit pour son nouvel album, Bum

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« Bum » signifie clochard en Français. C’est le titre du 3 e album de Cheveu : un groupe difficilement définissable autrement que par le terme bruyant. Ah si, brillant. 
Le trio fait son retour après 3 ans d’absence. Mais surprise, les guitares saturées et les bribes de mots en anglais ont quasiment disparues. La langue de Molière a tapé l’incruste au sein des mélodies dérangées du groupe. Et le son garage, sale, cra-cra a décampé pour que Cheveu puisse se mettre à la rigueur. 

En studio pour la première fois, le groupe a enregistré avec des musiciens issus du conservatoire. Ils se sont laissé attiré par l’excellence, les 10 pistes habituelles qui suffisent à constituer un titre ont été multiplié par 20. Comme sur le morceau Polonia. 

Good-bye l’esprit lo-fi, Cheveu passe à la version deluxe du DIY grâce aux moyens offerts par leur maison de disques. Olivier, David et Etienne n’en ont pas oublié leurs fans pour autant. Car c’est pour « faire chier ceux qui [les] aiment bien » que Bum débute avec Pirate Bay. Le titre le plus pop, le plus propre.

Cheveu perdrait-il la tête ? Peut-être mais tout en restant dans l’esprit. En studio, la bande enregistre avec une vieille console Neve, comme d’autres groupes qui jouent très fort – Nirvana et Rage Against The Machine par exemple. 

Toujours cohérents la bande s’explique dans New Noise (n°20) : « Hier, je réécoutais les paroles dans leur intégralité pour essayer de voir si une idée générale s’en dégageait, et c’est marrant parce que notamment dans les trucs qu’on a taxé au ciné, tous tournent autour du non-sens, de société qui plafonnent, qui donnent l’impression que plus rien n’avance. Dans ce disque, je ne sais pas comment le formuler mais on trouve ce contexte. » 

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BLEACH : Le classique de Nirvana

Anecdotique mais capital, Nirvana aurait fêté cette année les 25 ans de la sortie de son premier album.

Sombre, torturé et assourdissant, Bleach a sorti Nirvana de l’anonymat.
En 1989, le trio n’est qu’un groupe de rock parmi tant d’autres à Seattle où l’on reconnaît déjà ce style brut et bruyant que le journaliste anglais Everett True qualifie de « grunge » au début des années 80.

Bleach s’impose comme une référence du genre alors que Nirvana vient à peine de signer sur le label Sub Pop Records. Aux Etats-Unis 1, 7 millions de copies sont vendues. Disque d’or en France et au Canada. Disque de Platine au Royaume-Uni. Il reste à l’heure actuelle le plus gros succès commercial du label indépendant.

Avec ses onze titres dont la durée totale excède à peine la demi heure, Nirvana réussi à capturer le désespoir avec simplicité, désinvolture et honnêteté. Le son est brutal et sans concession, comme une forme d’innocence. Les titres racontent l’univers étrange et tordu de Cobain entre blagues potaches, love songs et faits divers glauques de la ville d’Aberdeen dont il est originaire.

Mélodique et énergique, cet album est celui qui se démarque de Nevermind et d’In Utero, par la simplicité et la violence qu’il suggère. On y trouve déjà About A Girl ainsi que l’écriture énigmatique et parfois proverbiale de Cobain.

Selon la légende, les chansons de Bleach aurait été écrites un jour avant l’enregistrement de l’album ; pour lequel une trentaine d’heure et 607, 17 dollars empruntés au second guitariste du groupe auraient suffit.

Toutes les facettes de Patrice

On connaît surtout Patrice pour ses titres Everyday Good, Sunshine ou encore Soulstorm. De retour cette année avec un nouvel album The Rising of the Son, le chanteur a donné son premier concert au Trianon ce jeudi 5 décembre. Retour en vidéo sur le live énergique et très généreux de Patrice qui a multiplié les rappels pour le plaisir de son public.

Patrice arrive sur scène après Nora Abakar, une première partie agréable et très douce qui fait descendre la pression de l’attente. Le Trianon est plein de fans -du genre fanatiques- qui hurlent au moindre mouvement derrière le grand rideau blanc qui diffuse les derniers clip de Patrice et le très entraînant Cry Cry Cry. Car il se fait attendre, longtemps. Et lorsqu’il arrive enfin, il fait monter la température avec un flegme insolent. La salle se réchauffe à mesure que Patrice joue tous les morceaux qui ont fait sa gloire.

Au-delà de retrouver une semi légende d’un reggae très accessible et extrêmement populaire. Car qui n’a jamais dansé sur une chanson de Patrice ? C’est également l’occasion de vivre un pur moment de musique live. Bien entourée, Patrice a donné un coup de fouets à tous ses morceaux en les agrémentant de phases d’afrobeat et de blues-rock énergique.

Après plus de dix ans de carrière, Patrice Bart-Williams a eu le temps de diversifier sa musique. Une œuvre intrinsèquement liée au vécu et aux émotions multiples qui semblent l’habiter quand il s’exprime de sa voix poignante, et sans défaut.

Chaque intention sonne juste et la maîtrise est telle qu’il s’en amuse en passant en un centième de seconde de l’aigu au grave, du doux au rocailleux.