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Thom Yorke ne veut pas de sa musique sur Spotify

Les leaders du projet Atoms for Peace, ont retiré l’album Amok des listes d’écoute Spotify.

La musique d’Atoms For Peace -l’autre groupe de Thom Yorke- et l’album the Eraser (2006) sur Spotify c’est fini. Nigel Godrich, producteur de Radiohead et également musicien au sein d’Atoms for Peace a annoncé via Twitter la décision prise par les membres du groupe le 15 juillet. L’album Amok sera retiré du site d’écoute en streaming. L’album issu du projet solo de Thom York, The Eraser, également.

La raison ? Les deux musiciens ne sont pas satisfaits par le modèle économique que propose les sites d’écoute en streaming. Selon eux, la musique en streaming est juste un autre moyen d’utiliser les artistes sans les rémunérer.

« La raison, c’est que les jeunes artistes se font avoir avec ce nouveau modèle… C’est une équation qui ne fonctionne pas. » Nigel Godrich

Une heure plus tard, Thom Yorke ajoutait à son tour :

« Ne vous méprenez pas, les nouveaux artistes que vous découvrez ne seront pas payés. Alors que les actionnaires eux s’en mettront plein les poches. C’est simple.  »

Pour la bonne cause ?

Control freak ou chevaliers servants de la musique indé, la bande de Thom Yorke a toujours mis en avant sa liberté avant sa volonté de toucher de l’argent. Il y a 5 ans, lors de la sortie d’In Rainbows, le groupe quitte sa maison de disque EMI pour  mieux maitriser sa musique. Les 5 anglais proposent alors l’opus à prix libre sur Internet avant de l’ouvrir à la vente en digital chez les distributeurs habituels.

L’album est accessible à partir de rien, zéro euros. Un pari risqué qui s’avère être un succès. Alors que beaucoup d’internautes téléchargeaient In Rainbows gratuitement, la sortie digitale de l’album deux mois plus tard se révèle meilleure que celle d’Hail To The Thief (2003) vendu à 1 million d’exemplaires. In Rainbows explose les compteurs : trois millions d’exemplaires digitaux et numériques sont écoulés.

Mais en 2011 à la sortie de Kings of the Limbs, le groupe met de côté le prix libre et la gratuité. Radiohead poste deux versions de l’album n’ayant pour différentiel que le format. WAV ou MP3 pour 11 ou 7 euros. Deux prix qui ne se démarquent pas vraiment de ceux pratiqués par les distributeurs classiques sur Internet. En effet, la majorité des albums vendus sur Itunes, le plus grand vendeur de musique sur support numérique sont vendus à 9, 99 euros. Alors pourquoi remettre en question le coût de la musique si une fois libre, Radiohead ne change pas les règles du jeu ?

Statut Quo

Peut-être parce qu’elles ne font que se durcir. Surtout depuis l’arrivée des sites d’écoute en streaming. Merveilleuse opportunité d’écouter de la musique gratuitement en échange de brain washing publicitaire ou pour le prix d’un album par mois en illimité, ces offres légales, nous ont tant séduits qu’elles nous ont éloigné du téléchargement illégal mais aussi de l’achat légal de musique.

Un système déjà bancal, qui s’avère empoisonné lorsque l’on pense à la rémunération des artistes. En avril 2010, la plus weirdo des musiciennes, Lady Gaga, en tête des 40 artistes les plus écoutés sur Spotify n’empochait que 167 dollars pour 1 milion de lectures.

Si les sites de lectures en streaming comme Spotify crient sur tous les toits qu’ils sont légaux, ils s’empressent moins de dire qu’ils paient 0.0007 euros par titre écouté. Ces 0. 0007 euros sont ensuite équitablement divisés par trois entre l’auteur, le compositeur et la maison de disque. On comprend alors la colère de Thom Yorke et de Nigel Godrich qui refusent d’être écouté sur Spotify et mettent en garde les 15 millions d’utilisateurs de Spotify  en leur disant qu’il n’aident pas la musique en l’écoutant de cette manière.